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jeudi 10 novembre 2011

Le programme SCP...ou enseigner aux jeunes comment se comporter

CHRISTIAN ASSELIN

Actualités - Publié le 10 novembre 2011 à 10:34 
À l'emploi du Conseil des écoles catholiques du centre-est en Ontario pendant six ans, Steve Bissonnette, aujourd'hui professeur à l'UQO de Saint-Jérôme, est à l'origine de l'implantation du programme SCP dans sept écoles primaires de la Commission scolaire Rivière-du-Nord.
C’est prouvé. Les élèves qui quittent l’école sans diplôme sont souvent ceux qui sont aux prises avec des troubles du comportement. La Commission scolaire Rivière-du-Nord (CSRDN) a lancé un projet-pilote en 2010 afin de remédier à cette situation devenue alarmante. 

Implanté aux Etats-Unis au début des années 90, puis dans une cinquantaine d’écoles de la région de l’Outaouais dans les années 2000, le programme de Soutien au comportement positif (SCP) a été repris par la CSRDN et mis en place, l’an dernier, à l’école primaire Prévost de Saint-Jérôme. En septembre 2011, six nouvelles écoles de la région ont emboîté le pas. 

« Avec le programme SCP, on ne laisse plus aux enfants deviner comment se comporter, on leur enseigne plutôt les bons comportements à adopter au même titre qu’on leur enseigne le français et les mathématiques », explique Steve Bissonnette, professeur à Saint-Jérôme au département de psychoéducation de l’Université du Québec en Outaouais.Il est à l’origine de l’implantation du programme SCP dans les écoles de la CSRDN. 

Concrètement, l’enseignant montre aux élèves, en contexte réel, les comportements à adopter. Que ce soit dans le gymnase, dans les corridors, aux toilettes, à la cafétéria ou même à bord de l’autobus scolaire, le rôle de l’enseignant est d’expliquer la façon d’agir en donnant une démonstration à l’élève. 

« L’enseignant ne fait pas qu’expliquer aux élèves comment se comporter, mais agit également comme modèle. Les élèves doivent ensuite pratiquer le comportement sous supervision. La probabilité de le faire seul par la suite est très grande », poursuit M. Bissonnette qui cite en exemple cette fois où on a fait venir un autobus scolaire dans la cour d’école. 

« Les élèves ont pris place à bord avec leur enseignant et ont fait un tour au cours duquel on leur a montré de quelle façon ils devaient se comporter dans l’autobus. Aucune devinette. On leur enseigne tout ». 

Récompenser les bons comportements 

Ce n’est pas tout d’expliquer les bons comportements et d’en faire la démonstration. Pour obtenir des résultats, le programme SCP prévoit aussi des récompenses. Ce peut être fait verbalement par le professeur ou sous forme de récompenses matérielles. 

« Le but de ces récompenses est de valoriser les comportements attendus. À l’école Prévost, lorsque les élèves ont accumulé suffisamment de points, on leur permet de participer à une activité telle que de jouer à la cachette avec leur professeur », poursuit M. Bissonnette. Il assure que, implanter dans son intégralité, le programme SCP engendre une amélioration du climat scolaire et une augmentation des performances académiques des élèves. 

« Si les jeunes sont en classe au lieu d’être au local de retenu, ils ont plus de chances d’apprendre, de persévérer et de réussir. Lorsque le programme est respecté à la lettre par les directions d’école et leurs professeurs, on réduit de 50% le nombre d’élèves qui manifestent des problèmes de comportement », affirme-t-il. 

Outre l’école Prévost, les écoles La Croisée des champs, Sainte-Anne, Les Studios, Saint-Joseph, De La Durantaye et des Quatre-Vents appliquent aussi le programme SCP depuis le début de la présente année scolaire. 

« Notre objectif est que d’ici quelques années le tiers des écoles de la région aient adhéré au programme ainsi que trois écoles secondaires. À ce rythme-là nous y arriverons », conclut M. Bissonnette. 

Soulignons que pour qu’une école adhère au programme SCP, subventionné en partie par les deux paliers de gouvernement, une présentation leur est d’abord offerte. À la suite de cette présentation, 80% du personnel enseignant doit s’engager pour trois ans à l’appliquer de façon quotidienne. Dans ce cas, ils doivent ensuite suivre une formation d’une durée de cinq jours.