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dimanche 13 février 2011

S’il vous plaît M. Obama, écoutez la Raison !


Traduction : Françoise APPY
S’il vous plaît M. Obama, écoutez la Raison !
Siegfried Engelmann
Le discours 2011 sur l’état de l’Union du président Obama a souligné la nécessité de réformer l’école, de récompenser les bons enseignants, d’écarter les mauvais et de nourrir de hautes ambitions pour les élèves. Selon les projections d’Obama, la plus grande partie de la main d’œuvre aura besoin désormais d’un diplôme universitaire. Comme les autres réformes, la restructuration de l’École repose sur des contributions variées – parents, enseignants, personnel éducatif – et le résultat prévu est un changement positif.
Puisque chacun doit participer à cet effort de réforme, voici ma contribution :
S’il vous plaît, confiez-nous une école en grand échec et laissez-nous vous montrer ce que vous devez faire pour changer cette école, et améliorer nettement les performances des enseignants et des élèves. Puis quand nous aurons changé cette école, laissez-nous former les gens afin que nous puissions permettre aux districts en échec (ce qui représente pratiquement tous les districts) de savoir ce qu’il faut faire.
Dans la considération de cette requête, commencez s’il vous plaît par observer que nous avons fait cela plusieurs fois ; toutefois, les réponses des décisionnaires de  districts, au lieu d’apprendre de nos démonstrations, ont considéré que ces écoles étaient une insulte au regard de leur politique de district. Le fait pertinent pour la réforme en cours est que ceux qui conduisent les écoles ne savent pas comment être performants. Ils ne l’ont jamais su ; ils n’ont jamais formé les autres à l’être ; et ils ne comprennent pas les fondements techniques ni les stratégies pouvant réformer une école en échec. La tâche revient à demander à quelqu’un qui ne sait pas conduire, de manœuvrer un 38 tonnes.
Bien que les décisionnaires éducatifs ignorent comment faire réussir les écoles en échec, ils restent catégoriques sur l’utilisation des mêmes stratégies inefficaces, encore et toujours. Albert Einstein considérait que la démence conduit à faire inlassablement la même chose tout en espérant des résultats différents ; auquel cas, le domaine de l’enseignement public aurait perdu la raison.
Plutôt que de dépenser des milliards pour développer encore d’autres variations sur la façon d’échouer, ou pour demander aux acteurs de la réforme éducative de remonter leurs manches,  pourquoi ne pas nous confier une école en échec et observer les processus que nous utilisons pour changer les choses ? Nous pouvons vous montrer tous les détails, souligner tous les pièges et démontrer pourquoi les stratégies que nous utilisons pour former les enseignants et les élèves fonctionnent. Ce sera un exemple pour accomplir cette réforme, sans se contenter simplement d’en parler. Si vous êtes activement impliqué dans les constats, vous aurez une expérience pédagogique sérieuse d’apprentissage par la pratique.
Combien cela coûterait-il ?
Que diriez-vous si je garantissais, en cas d’échec après deux ans, le versement d’une somme de 100 000 $ au district concerné, si l’effort produit convenablement par celui-ci avait échoué ?  Quelle raison pourriez-vous avoir de ne pas tenir le pari ? Même si nous échouions, la performance des élèves ne serait pas pire qu’elle aurait été sans notre intervention.
Mon but en écrivant cet appel n’est pas d’expliquer les stratégies spécifiques ni de nous engager dans un débat rhétorique expliquant pourquoi celles-ci fonctionnent,  mais essentiellement de pointer le fait que nous pourrions réformer en totalité n’importe quelle école non performante si l’on nous permettait de mettre en place un calendrier, une formation des enseignants et les programmes pédagogiques  nécessaires pour effectuer cette réforme. Sauf si une méthode pédagogique fonctionne avec des élèves en difficultés, les stratégies générales non reconnues ne permettent pas aux efforts d’aboutir, quels que soient le degré d’assiduité des enseignants, la journée scolaire, les efforts d’implication des parents.
En résumé, notre score contient des centaines d’écoles réformées avec succès et restées exemplaires tout au long de la période d’utilisation du programme. Votre score contient quelques rares et précieuses écoles, et pratiquement aucune pour lesquelles on prévoyait une amélioration.
Par conséquent, quelles sont les raisons rationnelles que vous avez pour ne pas nous aider dans notre détermination à vous montrer, par les détails techniques, comment réformer une école inefficiente ?